En 2023, Jordan Tules décidait de faire quelque chose que peu d'acteurs de son secteur osent : parler publiquement de son métier sur YouTube. Non pas pour promouvoir ses films ou ses comptes sur les plateformes payantes, mais pour raconter l'envers du décor — les castings, les conditions de tournage, les questions financières, les à-priori du public. Un pari éditorial audacieux dans un domaine où la discrétion reste souvent la règle.
Trois ans plus tard, en 2026, le bilan est éloquent. Sa chaîne YouTube accumule des vidéos qui mêlent coulisses, formats podcast et micros-trottoirs dans la rue. Ces derniers, dans lesquels il interroge des passants sur leurs représentations de l'industrie du X, génèrent régulièrement des millions de vues et des milliers de commentaires. Le format tranche avec la communication habituelle des acteurs du secteur.
Selon luisangel.fr et Pink TV, qui l'ont tous deux cité parmi les talents du X gay français à suivre en 2026, Jordan Tules a su identifier un créneau précis : celui du commentateur décomplexé, ni militant ni complaisant, qui assume son activité tout en l'expliquant sans détour à un public souvent curieux mais mal informé.

Sur la plateforme X, Jordan Tules dépasse les 90 000 abonnés en 2026 — un chiffre significatif pour un acteur indépendant qui ne s'appuie sur aucun studio pour sa promotion. Cette audience est essentiellement construite par le bouche-à-oreille numérique, par la circulation de ses contenus YouTube et par une présence régulière qui entretient le lien avec sa communauté.
Sa stratégie de communication repose sur une équation simple mais difficile à tenir dans la durée : être présent sans être omniprésent, partager sans tout montrer, expliquer sans dénaturer. Ce dosage a visiblement trouvé son public. Les interactions sur ses publications sont nourries, les débats qu'il lance sur la perception sociale du X masculin en France attirent des profils très divers — fans, curieux, journalistes, étudiants en médias.
D'après Têtu, qui a intégré son profil dans une revue des figures du X gay indépendant en France, cette audience est aussi qualitative. Elle ne se limite pas aux cercles habituellement associés à ce type de contenu. Elle touche des personnes qui suivent Jordan Tules pour ses prises de parole autant que pour ses productions.
L'une des particularités de Jordan Tules dans le paysage médiatique, c'est la manière dont il joue avec les questions liées à son orientation. « Bon je suis gay, bi ou hétéro ? » — cette interrogation, qu'il pose lui-même avec une légèreté assumée, est devenue l'un des axes viraux de son contenu. Elle génère des discussions, des débats, parfois des incompréhensions, toujours de l'engagement.
Il convient de préciser ici que cette ambiguïté est un choix délibéré, selon des informations non confirmées par lui-même de manière explicite. Son orientation réelle fait débat dans sa communauté, et il la laisse intentionnellement ouverte comme axe éditorial, sans confirmation officielle de son côté. Ce flou entretenu fait partie intégrante de son positionnement.
Loin d'être un manque de cohérence, c'est une stratégie de contenu qui correspond à une réalité plus large : les catégories fixes et étanches correspondent de moins en moins aux expériences vécues des individus, et un acteur qui incarne cette fluidité dans son discours touche un public plus large que celui qui s'identifie strictement à l'étiquette « gay ». Pink TV et luisangel.fr ont tous deux noté cet angle comme l'une des clés de son succès.

Jordan Tules génère ses revenus uniquement via sa propre création de contenu, sans passer par un studio. Ce modèle d'indépendance totale est cohérent avec son discours public, mais il impose aussi des contraintes réelles : toute la chaîne de production, de distribution et de promotion repose sur lui seul, sans filet institutionnel.
Dans un secteur en mutation rapide, où les plateformes comme OnlyFans ont transformé les rapports de force entre acteurs et studios, ce positionnement n'est plus marginal. De plus en plus de créateurs font ce choix, attirés par une autonomie totale sur leur image et leurs revenus. Jordan Tules incarne cette tendance avec une visibilité particulière, notamment parce qu'il la commente lui-même publiquement.
Ses revenus, qu'il ne détaille pas publiquement de manière précise, sont issus de plusieurs canaux simultanés : plateformes d'abonnement, revenus publicitaires YouTube, possiblement des partenariats ponctuels. Cette diversification est une caractéristique commune aux créateurs indépendants qui ont réussi à ne pas dépendre d'un seul point de contact avec leur audience.
En 2026, Jordan Tules est cité par la presse spécialisée parmi les figures de transparence du X masculin français. Cette qualification dit quelque chose d'important : il n'est pas seulement un acteur parmi d'autres, il est devenu une voix qui dit quelque chose sur l'industrie elle-même, sur ses codes, ses contradictions et ses évolutions.
Sa présence médiatique dans des publications comme Têtu ou sur des chaînes comme Pink TV contribue à une normalisation progressive du sujet dans l'espace public francophone. Parler du X gay masculin sans euphémismes ni dramatisation reste encore relativement rare dans les médias grand public. Jordan Tules y contribue à sa manière, avec le registre décomplexé qui le caractérise.
Sa trajectoire illustre comment un acteur indépendant peut, en 2026, construire une notoriété qui dépasse son secteur d'origine sans jamais renier ce secteur. C'est peut-être la leçon la plus intéressante de son parcours. À lire aussi : Anissa Kate, triple lauréate AVN, continue de réaliser en 2026 · La loi contre les proxénètes 2.0 d'OnlyFans adoptée au Sénat .