On l'a vue dans Les Ch'tis. Puis dans Les Marseillais. Adixia — de son vrai nom Adeline Romaniello — a traversé les émissions de télé-réalité françaises les plus regardées avant de bifurquer vers un univers différent. DJ, créatrice de contenu et personnalité des réseaux sociaux, elle a rejoint MYM et OnlyFans et s'est construit une audience fidèle et engagée.
En 2026, elle passe une nouvelle étape. Dans une interview accordée à Sam Zirah — l'un des intervieweurs people les plus écoutés de YouTube, habitué des sujets sensibles et des personnalités qui s'expriment sans filtre —, elle lève le voile sur un projet qui n'existe pas encore mais qui fait déjà beaucoup parler dans le milieu des créateurs de contenu.
Ce projet, c'est une jumelle digitale. Une version d'elle-même, construite et alimentée par l'intelligence artificielle, capable d'interagir avec ses abonnés sans qu'elle soit physiquement présente derrière l'écran. Une idée qui soulève autant d'enthousiasme que de questions éthiques, selon Starmag et Blognextgen qui ont suivi l'affaire de près.
Pour ses fans, c'est une promesse de disponibilité permanente. Pour les observateurs du secteur, c'est un signal fort sur l'évolution des relations entre créateurs et abonnés à l'ère de l'IA générative.

L'idée est simple à formuler, complexe à exécuter. L'IA d'Adixia prendrait en charge les échanges avec ses abonnés sur WhatsApp : messages vocaux, photos, courtes vidéos. Le tout sans qu'elle soit derrière l'écran. Une sorte d'avatar conversationnel entraîné sur sa voix, son style d'expression, ses tournures favorites et ses habitudes de communication avec sa communauté.
Elle précise que la plateforme comporterait des garde-fous éditoriaux. Pas de politique. Aucun propos discriminatoire. Un cadrage pensé pour éviter les dérapages qui pourraient nuire à son image ou exposer ses abonnés à des contenus problématiques. Son mari Simon Feraud, qui participe déjà parfois à la création de contenu avec elle, serait impliqué dans le développement et la supervision du projet.
Selon des informations non confirmées à ce stade, la date de lancement et les détails techniques exacts restent à préciser. Ce que l'on sait provient uniquement des déclarations d'Adixia dans l'interview accordée à Sam Zirah. Aucun partenaire technologique n'a été officiellement annoncé, et aucun calendrier de déploiement n'a été communiqué.
Pourquoi investir dans une technologie aussi ambitieuse ? La réponse tient en quelques chiffres. Adixia déclare gagner jusqu'à 25 000 euros par mois sur MYM et OnlyFans cumulés. Et un jour particulièrement actif lui aurait rapporté 7 000 euros sur MYM seul, en vingt-quatre heures. Des déclarations personnelles, non vérifiées par des documents indépendants, mais qui donnent une idée de l'échelle des enjeux.
Pour une créatrice générant ces niveaux de revenus, automatiser une partie des interactions avec les abonnés représente un gain de temps et d'énergie considérable. Chaque message non traité est potentiellement un abonné qui se désabonne. Chaque échange bien géré renforce la fidélité et encourage les achats de contenu supplémentaire. L'IA, si elle fonctionne, peut théoriquement multiplier la capacité de réponse sans multiplier le temps personnel investi.
Le calcul économique est donc rationnel, même si la mise en œuvre technique et éthique reste un défi majeur à résoudre avant tout lancement public.

Le projet suscite de l'intérêt dans le secteur. Il génère aussi des interrogations sérieuses que des spécialistes des médias numériques n'hésitent pas à poser publiquement. La question centrale : est-il honnête de laisser croire à des abonnés qu'ils échangent avec une vraie personne, alors qu'ils parlent en réalité à une machine entraînée sur son image ?
La transparence devient ici l'enjeu principal. Si les abonnés ne savent pas qu'ils interagissent avec une IA, la relation de confiance et d'intimité perçue qu'ils croient avoir construite avec la créatrice est-elle réelle ou artificielle ? Ces questions, sans réponse tranchée à ce jour, agitent les discussions dans les milieux du contenu numérique, de la régulation et de l'éthique de l'IA.
Des plateformes comme Fansly ont anticipé ce débat en 2026 en rendant obligatoire une divulgation claire pour tout contenu généré ou assisté par intelligence artificielle. Ce cadre réglementaire pourrait s'étendre à d'autres acteurs du secteur, rendant des projets comme celui d'Adixia plus complexes à déployer dans leur forme initiale.
Le projet d'Adixia n'est pas isolé. L'IA conversationnelle s'impose progressivement dans l'industrie du contenu adulte à l'échelle mondiale. Des plateformes entières se spécialisent dans des personnages entièrement artificiels, et certaines créatrices humaines testent déjà des outils similaires pour gérer le volume croissant de leurs échanges avec des communautés de plusieurs milliers d'abonnés payants.
Ce mouvement redéfinit profondément la notion de présence dans un secteur qui s'est longtemps construit sur l'intimité perçue entre créateur et abonné. La question n'est plus seulement technique ni même commerciale : c'est une question d'identité, de confiance et de définition de ce que signifie « être présent » pour sa communauté à l'ère numérique.
Des créatrices comme Nathalie Andreani, dont les revenus cumulés déclarés sur MYM et OnlyFans dépasseraient 2,2 millions d'euros , et Clara Morgane, qui a choisi de rompre totalement avec ce monde pour se consacrer aux retraites bien-être , illustrent deux trajectoires opposées que peuvent emprunter les créatrices face à ces mutations technologiques et culturelles profondes.
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