D'après SemRush, la plateforme mym.fans a enregistré 10,27 millions de visites au cours du mois de mars 2026. C'est une progression de 27,71 % par rapport à février, ce qui en fait l'un des mois les plus actifs de l'histoire de la plateforme. La France constitue la première source d'audience, suivie des États-Unis et de la Belgique.
Ces chiffres de trafic sont issus d'outils d'analyse tiers. MYM ne publie pas systématiquement ses données d'audience dans des rapports officiels. Il convient donc d'interpréter ces volumes comme des estimations fiables mais non certifiées par la plateforme elle-même.
La progression est néanmoins significative. Elle intervient dans un contexte de recomposition du paysage des plateformes de contenu adulte en France, après le blocage de Pornhub depuis juin 2025. Cette recomposition touche aussi bien les audiences que les créateurs, qui cherchent à diversifier leurs sources de revenus sur des plateformes dotées d'une meilleure visibilité réglementaire.
Pour MYM, franchir le cap symbolique des 10 millions de visites mensuelles représente un signal fort envoyé aux annonceurs, aux investisseurs et aux créateurs hésitant encore entre les différentes plateformes disponibles. Ce chiffre place la plateforme dans une catégorie de trafic où elle peut légitimement revendiquer un statut d'acteur majeur à l'échelle européenne, et pas seulement française.

MYM se distingue d'OnlyFans par sa structure juridique et son positionnement. Fondée à Paris, la plateforme a obtenu le label French Tech 120, réservé aux start-ups françaises à fort potentiel de croissance. Cet ancrage hexagonal est régulièrement mis en avant dans sa communication : hébergement de données, conformité au droit européen, interlocuteurs francophones pour les créateurs.
En 2024, selon une estimation de médias spécialisés — chiffre non audité, MYM ne publiant pas ses comptes de manière systématique —, le chiffre d'affaires de la plateforme aurait atteint 105 millions d'euros, avec 14 millions d'abonnés actifs et 400 000 créateurs inscrits. Pour 2026, certaines projections évoquent un objectif de 200 millions d'euros, sans confirmation officielle de l'entreprise.
La commission prélevée par MYM est de 20 %, identique à celle d'OnlyFans. C'est Fansly, plateforme américaine, qui propose le taux le plus bas avec 15 %. La fidélité des créateurs français à MYM tient davantage à l'environnement réglementaire et à la langue qu'à la seule structure tarifaire.
La conformité à la directive DAC7 , qui impose aux plateformes de transmettre directement les revenus des créateurs au fisc français, est également un argument que MYM valorise. Structurée en France, la plateforme déclare directement à l'administration fiscale hexagonale, sans passer par un intermédiaire étranger — ce qui la distingue d'OnlyFans, dont les données transitent d'abord par le fisc britannique avant d'être retransmises à Paris.
La corrélation entre le blocage de Pornhub depuis juin 2025 et la hausse du trafic de MYM est fréquemment évoquée dans la presse spécialisée. Le lien de causalité direct, cependant, n'est pas documenté. Pornhub et MYM ne proposent pas exactement les mêmes usages : l'un est une plateforme de consultation gratuite de vidéos, l'autre un réseau d'abonnement payant à des créateurs.
Il reste plausible qu'une partie du public qui consultait Pornhub gratuitement ait migré vers des plateformes d'abonnement, notamment pour soutenir directement des créateurs français. Mais cette hypothèse demeure, selon une estimation non documentée des acteurs du secteur, difficile à quantifier avec précision.
Ce qui est documenté, en revanche, c'est l'impact du blocage sur certaines créatrices. Khalamité , qui était la créatrice française numéro un sur Pornhub, a déclaré avoir subi une baisse de 30 % de ses revenus à la suite du blocage. Ce type de témoignage illustre à quel point les décisions réglementaires peuvent redistribuer le trafic entre plateformes, même lorsque les modèles économiques ne sont pas strictement comparables.

Lors des débats au Sénat sur la proposition de loi Mercier contre les «proxénètes 2.0», MYM a publiquement salué le texte. La plateforme, qui doit composer avec une réglementation française en pleine évolution, a intérêt à se positionner comme un acteur responsable et coopératif.
La loi adoptée le 10 février 2026 crée un nouveau délit visant les managers ou agents qui exploitent des créateurs sur ces plateformes. Elle prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 7 ans de prison et 150 000 euros d'amende. Pour MYM, soutenir ce type de législation revient à démarquer son offre des pratiques abusives qui ont alimenté le rapport parlementaire Delaporte-Vojetta en janvier 2026.
D'après Public Sénat, MYM collabore avec les autorités françaises sur les questions de conformité réglementaire, notamment en matière de vérification de l'âge des utilisateurs dans le cadre de la loi SREN. Cette posture de coopération est cohérente avec son positionnement French Tech : une plateforme qui se présente comme un partenaire de la régulation plutôt qu'un adversaire.
Le rapport Delaporte-Vojetta, remis le 13 janvier 2026, avait documenté que près de 30 % des créateurs de contenu adulte en France seraient représentés par un agent. Pour MYM, qui veut attirer les créateurs souhaitant exercer dans un cadre sûr, prendre position contre ces pratiques est aussi une façon de rassurer sa communauté de créateurs sur la qualité de l'environnement qu'elle propose.
La progression de MYM s'inscrit dans un moment de transition plus large pour l'industrie du contenu payant en France. Plusieurs créatrices parmi les plus suivies — notamment celles issues de la télé-réalité — déclarent publiquement des revenus mensuels à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Ces chiffres sont leurs propres déclarations et ne sont pas vérifiés par des documents fiscaux indépendants, mais ils illustrent l'attractivité du secteur.
La diversification des plateformes — MYM, OnlyFans, Fansly, Patreon — pousse les créateurs à gérer une présence multi-plateforme, avec des logiques d'audience, de tarification et de conformité différentes. Dans ce contexte, le positionnement français de MYM, couplé à sa conformité aux exigences de DAC7 et à la loi SREN, constitue un argument de poids pour les créateurs souhaitant exercer dans un cadre juridiquement stable.
OnlyFans reste la référence mondiale avec 377 millions d'utilisateurs inscrits et 4,63 millions de créateurs actifs selon les données de 2026. Mais MYM, avec ses 400 000 créateurs et ses 14 millions d'abonnés, occupe une position distincte sur le marché français, bénéficiant d'une reconnaissance institutionnelle que ses concurrents anglophones ne peuvent pas revendiquer.
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