OnlyFans fête ses 10 ans en 2026 : 377 millions d'utilisateurs dans le monde, plus de 70 000 créateurs en France

Négoce



Dix ans d'OnlyFans : une plateforme qui a reconfiguré l'économie du contenu adulte

Fondée en 2016 à Londres par Timothy Stokely, OnlyFans célèbre en 2026 ses dix ans d'existence. La plateforme compte aujourd'hui 4,63 millions de créateurs actifs et 377 millions d'utilisateurs inscrits dans le monde. Ces chiffres, cités par plusieurs médias spécialisés dont Desirely.co, illustrent une trajectoire de croissance continue qui a transformé en profondeur l'économie du contenu en ligne.

OnlyFans a connu un tournant en 2020, lors de la pandémie de Covid-19. Des millions de créateurs, contraints à l'arrêt de leurs activités habituelles, se sont tournés vers la plateforme. En quelques semaines, les inscriptions ont explosé. Depuis, la base d'utilisateurs n'a cessé de s'élargir, même si la croissance s'est progressivement normalisée.



Les projections pour 2026 tablent sur environ 7,95 milliards de dollars de revenus bruts annuels générés sur la plateforme. Il s'agit d'estimations éditoriales et non de résultats officiels audités, OnlyFans ne publiant pas ses comptes consolidés de manière systématique. Ces chiffres sont à traiter comme des ordres de grandeur, pas comme des certitudes.

En dix ans, la plateforme a également subi des transformations réglementaires majeures. La directive européenne DAC7 , pleinement opérationnelle en 2026, oblige OnlyFans à transmettre automatiquement les revenus de ses créateurs européens aux fiscs de leurs pays de résidence. Pour les créateurs français, cette obligation est effective depuis le 1er janvier 2026 : OnlyFans déclare leurs revenus au fisc britannique (HMRC), qui retransmet ensuite les données à la Direction générale des finances publiques française.



OnlyFans et MYM

La France, dixième marché mondial, avec plus de 70 000 créateurs actifs

La France occupe une place significative dans l'écosystème OnlyFans. Elle représenterait environ 10 % des utilisateurs mondiaux de la plateforme, ce qui en ferait l'un des marchés les plus importants hors du monde anglophone. Plus de 70 000 créateurs français seraient actifs en 2026, selon les données compilées par lama-fortune.com et sales-hacking.com.

Ces créateurs exercent dans des conditions fiscales et réglementaires qui se sont considérablement clarifiées depuis l'entrée en vigueur de la directive DAC7. OnlyFans, basée à Londres, transmet désormais automatiquement les revenus de ses créateurs français au fisc via les mécanismes d'échange prévus par la directive européenne. La déclaration spontanée n'est plus l'unique mode de contrôle disponible pour l'administration fiscale.

Les profils les plus actifs en France sont très variés. À côté des créatrices issues de la télé-réalité, qui représentent une partie visible mais minoritaire, l'essentiel des créateurs exerce de manière plus confidentielle, avec des audiences modestes mais des revenus réguliers. Certaines personnalités comme Astrid Nelsia, révélée par les émissions de télé-réalité, ont déclaré publiquement générer entre 20 000 et 100 000 euros par mois sur OnlyFans et MYM — des chiffres qui restent leurs propres déclarations, non vérifiés par des documents fiscaux indépendants.

MYM vise 200 millions d'euros : ambitions et incertitudes

Côté français, MYM poursuit sa montée en puissance. La plateforme aurait réalisé 105 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, selon une estimation de médias spécialisés — chiffre non audité, MYM ne publiant pas ses résultats annuels de manière officielle. Pour 2026, certaines projections évoquent un objectif de 200 millions d'euros. Ces projections restent des estimations éditoriales sans confirmation de l'entreprise.

MYM revendique 14 millions d'abonnés actifs et 400 000 créateurs inscrits. Son label French Tech 120 lui confère une légitimité institutionnelle que ses concurrents anglophone et américains ne peuvent pas revendiquer sur le marché hexagonal. Cette position est un avantage commercial réel dans un contexte où la réglementation française du numérique se renforce.

En mars 2026, MYM a franchi le cap des 10,27 millions de visites mensuelles selon SemRush, soit une progression de 27,71 % par rapport à février. Ce pic de trafic confirme la dynamique d'une plateforme qui capitalise sur son ancrage français à un moment où la réglementation du secteur devient plus exigeante, notamment avec la loi SREN et la directive DAC7. La France reste sa première source d'audience, devant les États-Unis et la Belgique.

OnlyFans fête ses 10 ans et MYM vise 200 millions d'euros, porté par les créatrices françaises

Les couples, meilleurs performers des plateformes d'abonnement

Une donnée sectorielle intéresse particulièrement les observateurs du marché en 2026 : les créateurs en couple génèrent en moyenne des revenus supérieurs aux créateurs solo, selon les données compilées par les plateformes et leurs partenaires analytiques. Cette tendance, documentée par sales-hacking.com, s'explique par plusieurs facteurs.

D'un côté, le contenu collaboratif attire une audience plus large. De l'autre, la gestion à deux d'un compte — production, réponses aux abonnés, promotion croisée — permet une cadence de publication plus soutenue. La dynamique de couple est par ailleurs un angle éditorial qui fidélise les abonnés davantage que les profils solo, toujours selon cette même source.

Ce phénomène a conduit certaines plateformes à développer des fonctionnalités spécifiques pour les comptes multiples ou partagés. OnlyFans propose ainsi un système de compte joint depuis plusieurs années, que MYM a reproduit dans ses propres outils. Des créateurs comme Nathalie Andreani, qui opère en duo avec son compagnon Gabano, illustrent cette tendance : selon ses propres déclarations non auditées, elle aurait cumulé plus de 2,2 millions d'euros de revenus sur MYM et OnlyFans — des chiffres qui ne font pas l'objet d'une vérification indépendante.

Un marché mature, mais des incertitudes réglementaires persistantes

À dix ans, OnlyFans donne l'image d'un marché arrivé à maturité. Les phases d'hypercroissance sont passées. Les règles fiscales se précisent. Les lois sur la vérification d'âge s'appliquent. Et les procédures judiciaires contre les plateformes qui ne respectent pas ces cadres se multiplient, en France comme ailleurs en Europe.

Pour les créateurs français, l'équation n'a pas fondamentalement changé : la plateforme reste un outil de monétisation directe d'un public, avec des avantages (autonomie, revenus potentiellement élevés) et des contraintes (cotisations sociales, obligations déclaratives, exposition publique). Ce qui a changé, c'est la clarté du cadre dans lequel cette activité s'exerce en 2026.

La loi du 10 février 2026, adoptée au Sénat par 258 voix contre 65 sur proposition de la sénatrice Marie Mercier , a créé un nouveau délit visant les agents et managers qui exploitent des créateurs sur ces plateformes — avec des peines allant jusqu'à 7 ans de prison et 150 000 euros d'amende. Cette disposition s'ajoute à la directive DAC7 et à la loi SREN pour former un cadre légal qui, à défaut d'être exhaustif, est sensiblement plus complet qu'il y a cinq ans. Pour les créateurs qui exercent dans les règles, c'est une évolution qui consolide la légitimité de leur activité.

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